Besançon. Motion nucléaire : pourquoi les élus EELV ont présenté une motion différente du groupe PS-PC

Vendredi 6 mai lors du conseil municipal , deux motions sur le nucléaire ont été proposées, l’une présentée par le groupe Europe Écologie Les Verts, l’autre par les groupes socialiste et communiste. La première motion a été validée par les élus EÉLV et les élus Alternatifs (11 voix), la seconde a recueilli 41 voix (PS, PC, UMP, MODEM, Gauche moderne, Parti radical, Nouveau Centre).

Pour la première fois depuis que des Verts sont dans la majorité municipale, les élus EÉLV se sont retrouvés dans l’obligation de maintenir leur motion tant celle proposée par les socialistes était peu ambitieuse, dépassée et même erronée sur le fond. Plusieurs villes comme Dole ou Strasbourg et des Conseils régionaux ont voté des motions où la fermeture immédiate de la centrale nucléaire de Fessenheim était explicitement demandée. À Besançon on se contente de demander un audit sur la sécurité de la centrale : centrale la plus vieille de France en fonctionnement depuis 34 ans située au cœur d’une zone sismique où les risques de tremblement de terre et d’inondations sont avérés et dont le taux d’incidents est quatre fois plus élevé que celui du reste du parc français..

La demande de fermeture de Fessenheim a d’ailleurs été qualifiée de « nimbyste » (c’est à dire « pas chez moi, mais chez le voisin ») par le Maire. Les élus strasbourgeois apprécieront

La motion PS-PC soutenue par toute l’opposition donne une vision conservatrice et dépassée de l’énergie et du nucléaire. Elle demande que soit réalisé « un audit […] afin de vérifier que l’ensemble de ces installations est conforme à toutes les règles de sécurité, actualisées au vu des évènements du Japon ». Chacun sait qu’il n’existe pas d’autorité indépendante du pouvoir nucléaire capable d’effectuer cette analyse ; cet audit ne rendrait donc qu’un avis reflétant la volonté politique du moment. On peut même dire que la décision du 3 mai de M. Sarkozy va déjà au-delà de cette demande, en saisissant la Cour des comptes afin d’évaluer le coût réel du parc électro-nucléaire.

Par ailleurs, la motion PS-PC affirme que le nucléaire assure l’indépendance énergétique de la France ce qui est faux puisque la France ne possède pas d’uranium sauf à considérer que le Niger et les autres pays producteurs sont des colonies françaises ou que la France n’est pas dépendante de l’étranger pour le pétrole puisque des raffineries se situent en France.

Enfin, la motion PS-PC sous entend que l’alternative au nucléaire n’est pas tenable économiquement ce qui constitue une affirmation erronée si l’on veut bien comparer d’un côté le coût du démantèlement et du renouvellement du parc nucléaire, et d’un autre côté une politique ambitieuse d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables.

Très concrètement, une économie de 10% des consommations électriques – notamment en lien avec les gaspillages – permettrait de fermer sans difficultés 5 tranches nucléaires

Finalement Jean Rosselot élu UMP a résumé en une phrase les faiblesses de la motion PS-PC et justifié la position de EÉLV : « cette motion est très raisonnable et le gouvernement aurait pu l’écrire. ». Tout est dit.

Pour le groupe des élus Europe Écologie les Verts :

Benoit Cypriani,
Président du groupe des élus Europe Écologie les Verts

Éric Alauzet,
Conseiller municipal