Lettre au prefet pour dire non au projet de poullailler industriel à Flangebouche

Monsieur le Préfet,

Le 24 février, nous étions 80 rassemblés à Flangebouche à l’appel d’EELV : habitants, associations, syndicats… Rassemblés pour dire non au projet de poulailler industriel qui révolte bien au-delà du village.

80 c’est inédit pour un petit village du Haut-Doubs et Flangebouche n’a certainement jamais connu pareille effervescence. La majorité des gens présents étaient des habitants de la commune ou des villages environnants ; beaucoup ont tenu à prendre la parole pour exprimer leur incompréhension, leur colère, leur désarroi face à ce projet destructeur. Destructeur pour leur environnement, leur cadre de vie, leur santé, et le bien-être animal auquel beaucoup semblaient particulièrement attachés.

EELV rappelle que l’agriculture n’est pas un secteur d’activité comme les autres compte tenu de son impact sur les écosystèmes indispensables à notre survie.

La vision prédatrice  de l’agriculture héritée d’une époque, l’après-guerre , ou le seul impératif était d’exploiter la nature  pour produire massivement quelles qu’en soient les conséquences  continue à  vouloir s’imposer comme modèle dans le monde agricole au détriment de l’agriculture paysanne . Les effets en sont connus, appauvrissement des sols, pollution de la ressource en eau , maladies professionnelles , dissémination de substances cancérogènes, guerre économique sans fin entre pays et territoires . Cette destruction programmée des équilibres naturels  profite avant tout à l’agro-chimie et l’agro-alimentaire.

Le temps est venu de se réapproprier une activité dont nous pouvons être fiers : pérenne, économiquement viable, humainement vivable. Chacun a droit à une alimentation saine car la santé passe d’abord par notre assiette.

Un grand mouvement se développe actuellement pour plus de qualité alimentaire et environnementale et plus de considération pour la condition animale.

Ce projet d’implantation d’une « usine à poulets » en plein territoire AOP Comté, à Flangebouche, démontre l’incohérence dans laquelle notre société se trouve, au regard de l’urgence de transformer le modèle économique qui étrangle les agriculteurs ainsi que de  l’urgence écologique et sociale.

Cette ferme-usine mettrait en rotation 33 000 poulets à « croissance rapide », entassés dans 1500 m2 – c’est-à-dire 230 000 par an qui partiraient à l’abattoir. Il faut savoir en outre, que les agriculteurs qui acceptent un contrat intégré comme celui qui prévaut dans  ce dossier, sont engagés dans des emprunts très contraints et le risque financier n’est porté que par eux.

En outre, ce projet introduirait un poulailler en concurrence avec ceux  des fermiers en circuit de proximité du secteur.

EELV invite M. le Préfet à prendre en considération l’intérêt des consommateurs et des générations futures pour promouvoir non pas ce projet industriel mais une agriculture durable et de qualité  à laquelle nous avons tous droit.

Cécile Prudhomme et Philippe Chatelain

Co secrétaires régionaux EELV FC

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